Presse – L’Orient-Le Jour – Design

Sara Badr : Collaboration Créative

Beyrouth, 31 Décembre 2002

“Je crois beaucoup au travail d’équipe, à l’alternativité, à la dimension nouvelle qu’apporte la collaboration dans le domaine de la création”, affirme d’emblée Sara Badr, graphiste de formation et designer. Deux domaines assez proche, puisqu’il s’agit, enfin de compte, d’architecture en deux et trois dimensions.
Son concept de base : créer un objet utile, qui aïe cependant un côté ludique, qui dégage de la poésie, mais sans que ce ne soit un gadget. C’est comme cela qu’il pourra survivre au temps.
Deuxième credo : de la mobilité avant toute chose. C’est-à-dire faire des objets faciles à déplacer, flexibles, qui puissent prendre plusieurs aspects alternativement. À l’instar de ce lampadaire en tôle, de forme cubique et à fenêtres, lesquels permettent de doser l’intensité de la lumière. Ou de cette table basse en tôle et plateau central en bois, qui se monte et se démonte au gré des envies décoratives. Et qui peuvent aussi bien se placer dans un intérieur que dans un jardin.
On aura compris : en design, Sara Badr ne cherche ni le purement décoratif ni le purement fonctionnel, mais une certaine dimension esthétique ou utilitaire. Ses créations naissent d’ailleurs souvent de ses nécessités propres. J’avais besoin d’une banquette chez moi, j’ai eu l’idée d’en dessiner une, en tôle, aux extrémités gauche et droite en forme de porte revues. Idem pour un fauteuil de lecture au dossier se terminant par un plateau où l’on peut poser ses livres. Une pièce qu’elle a conçu et fabriqué en deux versions. La première à structure en acier et dossier en sangles de jute. La seconde, plus sophistiquée, en acier inoxydable et cuir.
Ses idées, elle les soumet à ses amis collaborateurs, les développe et les réalisé avec leur concours. Avec Hala Khoury, créatrice d’objets textile, elle a élaboré une série de poufs, coussins, sets de table, sous-verre, sacs de voyage (étuis à linge sale, à chaussures, etc.) en tissu sérigraphié. “Le motif vient un peu au hasard, ce qui fait que chaque pièce est unique”, signale la jeune femme, dont l’un des violon d’Ingres est la peinture. Et plus précisément le graphisme appliqué sur les objets et les meubles.

Tôle et bois laqué
Avec Karim Begdache, un jeune architecte designer, elle a conçu une ligne baptisée Artiline.com, propre à la galerie de meubles et d’objets contemporains Artishow dont elle est l’une des propriétaires associée.
Ensemble, ils jouent dans leurs créations sur le contraste des matières, rudes et sophistiquées, froides et chaleureuses. Tables basses, tables de toilette, caissons, bancs… Ils ont créé une petite collection de meubles en tôle et bois, brun ou rouge laqué. Mais aussi des accessoires et des objets divers, tels des tasses à thé orientales (en verre soufflé sur assiettes en moulage d’aluminium), des portes encens, des porte-clés, ou encore des cendriers, innovateurs de par leur forme, des pots de fleurs (en céramique émaillée ou peinte) renversés sur une assiette (de petite dimension bien sûr), qui retient les odeurs et épargne ainsi les non-fumeurs.
« Au lieu d’être pénalisé par le manque de matériaux et de techniques industrielles au Liban, nous avons cherché à y trouver matière à challenges », affirme en conclusion cette jeune femme qui aime créer en duo.

Carte de visite
Après des études d’art graphique, à l’EFET, à Paris, suivi d’un poste de direction artistique chez Revue Noire, magazine français d’art, Sara Badr retourne au Liban, au début des années 90, elle collabore à la création de la maquette et du logo de femme magazine et en assure la direction artistique. Ensuite elle fonde sa propre boîte de graphisme One-Off avant de se lancer également dans l’aventure d’Artishow, cet espace, de la rue Baroudy, à Ashrafieh, où sont présentées essentiellement des créations de jeunes designer et styliste libanais.