{"id":2050,"date":"2021-02-12T19:02:10","date_gmt":"2021-02-12T18:02:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sarabadrschmidt.com\/?page_id=2050"},"modified":"2021-03-31T10:54:09","modified_gmt":"2021-03-31T08:54:09","slug":"daily-star","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.sarabadrschmidt.com\/fr\/daily-star\/","title":{"rendered":"Presse &#8211; The Daily Star &#8211; Borderless"},"content":{"rendered":"<div class=\"wpb-content-wrapper\"><p>[vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_column_text css_animation=\u00a0\u00bbleft-to-right\u00a0\u00bb]<\/p>\n<h4>Le retour \u00e0 Beyrouth d\u2019une cosmopolite<\/h4>\n<h5>Beyrouth, 31 mars 2012<\/h5>\n<h5>par Kaelen Wilson-Goldie<\/h5>\n<p>Beyrouth : En 2003, l\u2019artiste Sara Badr prend une journ\u00e9e pour faire un petit voyage de Beyrouth \u00e0 la Jezzine. Ce n\u2019est pas la ville la plus proche de la fronti\u00e8re isra\u00e9lienne, mais elle se sent oppress\u00e9e par la proximit\u00e9 d\u2019une fronti\u00e8re aussi charg\u00e9e politiquement.<\/p>\n<p>Dans un moment d\u2019exasp\u00e9ration, elle pointe son appareil vers le ciel et prend une photo \u2013 qui ne montre rien \u00e0 part un plaisant ciel bleu p\u00e2le, agr\u00e9ment\u00e9 de petits nuages translucides. A ce moment-l\u00e0, Sara Badr vit au Liban depuis 1995, et en a assez. N\u00e9e \u00e0 Stockholm d\u2019une m\u00e8re su\u00e9doise et d\u2019un p\u00e8re libanais, elle s\u2019est beaucoup d\u00e9plac\u00e9e depuis son enfance.<\/p>\n<p>\u201cJe me sentais comme une valise. Enfant, je n\u2019ai jamais commenc\u00e9 et termin\u00e9 une ann\u00e9e scolaire au m\u00eame endroit\u201d. Dans les ann\u00e9es 90, Beyrouth lui a procur\u00e9 une pause cr\u00e9ative int\u00e9ressante.<\/p>\n<p>\u201cC\u2019\u00e9tait une p\u00e9riode o\u00f9 les choses bougeaient ici\u201d, dit-elle. \u201cEn terme de projets, on sentait que tout \u00e9tait possible. Mais en 2003, je devais partir. Beyrouth \u00e9tait devenu comme un village. J\u2019y avais accompli tout ce que je pouvais, et je n\u2019\u00e9tais pas heureuse dans ma vie personnelle. Une fois que j\u2019aurais \u00e9t\u00e9 pr\u00eate \u00e0 b\u00e2tir une famille et \u00e0 avoir des enfants, je ne pouvais m\u2019imaginer les \u00e9lever ici.\u201d<\/p>\n<p>Sara Badr d\u00e9cide de d\u00e9m\u00e9nager \u00e0 Paris, o\u00f9 elle vit avec un mari fran\u00e7ais et des enfants volontairement multiculturels. Mais en ce mois de mars 2012, elle est revenue \u00e0 Beyrouth avec une exposition d\u2019\u0153uvres, qui ont pour point de d\u00e9part cette image d\u2019un ciel anodin au-dessus de Jezzine.<\/p>\n<p>\u201cBorderless\u201d, actuellement \u00e0 la galerie Agial \u00e0 Hamra, comprend une s\u00e9rie de photos imprim\u00e9es sur de la toile et mont\u00e9es sur des caissons lumineux. Huit pi\u00e8ces sont pr\u00e9sent\u00e9es, mais la s\u00e9rie compl\u00e8te comporte 21 photos au jour d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Chaque image &#8211; l\u2019\u00e9pais, opaque, gris\u00e2tre ciel de Chine, comme les nuages m\u00e9diterran\u00e9ens en col\u00e8re rassembl\u00e9s au-dessus de l\u2019Italie \u2013 est compl\u00e9t\u00e9e d\u2019un mot en rapport avec l\u2019endroit invisible qui se trouve en-dessous. On trouve \u201csawa\u201d : ensemble, en arabe pour Beyrouth; \u201ckof\u201d : stop, en arabe pour Agadir au Maroc ; \u201cacqua\u201d : eau, pour la Corse ; \u201carrabiata\u201d : col\u00e8re, pour les Alpes italiennes ; \u201cmur\u201d : pour la Chine.<\/p>\n<p>Etudiante, Sara Badr (maintenant Sara Badr Schmidt) a \u00e9tudi\u00e9 les arts graphiques parce que \u00e7a semblait \u00eatre un m\u00e9tier correct. \u201cSi je m\u2019\u00e9tais mieux connue, j\u2019aurais plut\u00f4t fait arts plastiques\u201d, dit-elle. \u201cJ\u2019aime la typographie, mais il y a certaines \u00e9motions qu\u2019on se doit de ne pas exprimer en tant que graphiste. Pour compenser, je me suis mise \u00e0 peindre\u201d.<\/p>\n<p>A Beyrouth, elle co-fonda une agence de graphisme et contribua \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019Artishow, une boutique que, plusieurs consid\u00e8rent, r\u00e9trospectivement, comme \u00e9tant l\u2019\u00e9tincelle qui lan\u00e7a la sc\u00e8ne beyrouthine du design d\u2019apr\u00e8s-guerre. En 1996, elle travailla sur une exposition majeure de design au Centre Culturel fran\u00e7ais. Et en 1999, elle y exposait ses tableaux.<\/p>\n<p>\u201cJ\u2019avais install\u00e9 un atelier \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de mon bureau, mais j\u2019\u00e9tais attir\u00e9e par l\u2019atelier comme un aimant \u201d, se souvient Sara Badr. \u201cJe ne trouvais pas de solution. On ne peut pas \u00eatre graphiste cinq heures par jour, et peintre trois heures. Quand on est absorb\u00e9e par quelque chose, on doit le terminer.\u201d<\/p>\n<p>Sara Badr n\u2019arrivait pas \u00e0 trouver le bon \u00e9quilibre, mais ce qui la g\u00eanait encore plus c\u2019\u00e9tait le pourrissement de l\u2019identit\u00e9 nationale libanaise, les divisions des lignes sectaires qui allaient en augmentant et se multipliaient partout, dans tous les aspects de la vie quotidienne.<\/p>\n<p>Les parents de Sara Badr n\u2019\u00e9tant pas de la m\u00eame religion, du m\u00eame pays, ni de la m\u00eame culture, elle a toujours consid\u00e9r\u00e9 le m\u00e9lange comme int\u00e9ressant, quelque chose qui donnait plus de personnalit\u00e9. Mais elle sentait aussi que c\u2019\u00e9tait per\u00e7u comme extr\u00eamement anormal. Alors, elle est partie.<\/p>\n<p>Maintenant que Sara Badr a les trois religions majeures r\u00e9unies entre sa m\u00e8re, son p\u00e8re et son mari, elle trouve que retourner \u00e0 Beyrouth est encore plus \u00e9trange.<\/p>\n<p>A Paris, elle a mis en pause le graphisme et la peinture pendant six mois. Elle a travaill\u00e9 dans une galerie, exp\u00e9rience qu\u2019elle a d\u00e9test\u00e9e. Finalement, elle s\u2019est remise \u00e0 son Art mais cette fois, elle a int\u00e9gr\u00e9 son travail de designer dans ses peintures et s\u2019est mise \u00e0 exp\u00e9rimenter d\u2019autres m\u00e9dias. Aujourd\u2019hui, en plus de la photographie, elle est surtout int\u00e9ress\u00e9e par le son.<\/p>\n<p>Ainsi, \u201cBorderless\u201d inclut deux \u0153uvres \u2013 une vid\u00e9o et un caisson lumineux qui comporte un i-pod et des \u00e9couteurs \u2013 qui font appel autant \u00e0 la vision qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9coute. La vid\u00e9o pr\u00e9sente ce qui appara\u00eet \u00eatre un littoral fant\u00f4me au milieu de l\u2019Oc\u00e9an Indien (une barri\u00e8re de corail au large de la c\u00f4te mauricienne brise les vagues), et est accompagn\u00e9e par des couches de chansons populaires \u201cLemon Tree\u201d, interpr\u00e9t\u00e9e en chinois, et \u201cCleopatra in New York.\u201d<\/p>\n<p>La phrase d\u2019introduction \u00e0 son exposition lie ses voyages et ses mots, \u00e0 la mani\u00e8re de l\u2019Esperanto, la proposition d\u2019une alternative vers un monde cosmopolite ultra-conciliant. Pour ces raisons, les caissons lumineux trouveraient parfaitement leur place dans un endroit public.<\/p>\n<p>\u201cCe projet n\u2019aurait pas exist\u00e9 si le Liban n\u2019existait pas,\u201d dit Badr. C\u2019\u00e9tait important de le r\u00e9aliser ici, mais je me demande comment ce sera per\u00e7u. Aime-t-on avoir des fronti\u00e8res ou pas ?\u201d[\/vc_column_text][\/vc_column][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_single_image image=\u00a0\u00bb2111&Prime;][\/vc_column][\/vc_row]<\/p>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column width=\u00a0\u00bb1\/2&Prime;][vc_column_text css_animation=\u00a0\u00bbleft-to-right\u00a0\u00bb] Le retour \u00e0 Beyrouth d\u2019une cosmopolite Beyrouth, 31 mars 2012 par Kaelen Wilson-Goldie Beyrouth : En 2003, l\u2019artiste Sara Badr prend une journ\u00e9e pour faire un petit voyage de Beyrouth \u00e0 la Jezzine. 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