Al Nahar Beyrouth - 20 mars 2012
Sara Badr Schmidt à la galerie Agial : des caissons lumineux, des photos numériques… et une expérience marquante.

Par Laure Ghorayeb

Sara Badr Schmidt expose, à Beyrouth, 12 œuvres « sans frontières », comprenant des caissons lumineux et des photos numériques imprimées sur toile, éditées chacune en trois exemplaires, à la galerie Agial, rue Abdel Aziz. Les œuvres de cette artiste, fille d’un libanais et d’une suédoise, s’inspirent de la nature qui dépasse le cadre de l’œuvre, et sont plongées dans des ambiances nuageuses grises, avec un éclairage invisible qui provient de l’intérieur. On y voit des mots, prisonniers de fonds monochromes, privés de dessins, de signes ou de formes, dans un style non conforme à la perception traditionnelle de l’art par le public. Le mot « kof » (stop) en rouge, dénudé de tout artifice, est sur un fond bleu violacé, tel un tapis d’une seule couleur, sortant ce mot de ses frontières.

Ses vues, qui ne proviennent pas d’un pays spécifique mais de différents endroits en Europe, en Asie, en Afrique et au Liban, attirent l’œil du spectateur et le poussent à se déplacer dans des climats différents. Ce qui provoque peut-être un sentiment de quiétude chez certains, et de compassion chez d’autres. Le ciel et l’eau sont à la base de l’inspiration de l’artiste. Elle parsème le ciel de nuages gris, le strie d’éclairs lumineux, qui évoquent les jours orageux où le soleil n’apparaît que rarement. Des cieux de l’Est et de l’Ouest sont présentés, ainsi que des mots dans différentes langues, qui confèrent au sujet une identité géographique spécifique. Des mots rares, qu’on retrouve çà et là, au gré des œuvres, et nous font faire connaissance avec chaque visuel, qui reste imprégné dans notre regard jusqu’au visuel suivant. Les signes s’entrecroisent et leur portée grandit, comme s’ils dépassaient ce qui est visible. Ce ne sont pas uniquement des mots en langue arabe, latine ou asiatique.

La rencontre avec les œuvres de Sara Badr Schmidt est une expérience intéressante, car son travail, créé avec élégance et originalité, donne l’opportunité à une liberté de choix d’interprétations, sans que l’œil ne se lasse.